La suite... (Voir PARTIE 2)
Où il sera question de souffrance et de bonheur, de la non-divinité de Bouddha, de principes simples et d’expérimentation.
Un manifeste pour la révolution à l’usage de ceux qui désirent s’engager ?
Oui, sans doute. Il y est bien question de révolution. Il y est question de l’acte de changer. Faire tourner la roue, comprendre son mouvement, ne pas se laisser emporter par lui.
Haut et clair : La révolution doit être intérieure avant d’être extérieure.
La liberté ne viendra pas ni de notre petit monde, des autres, ni d’au-dessus de nos têtes, ni de nulle part ailleurs. Nous aurons beau nous agiter, cracher à la face d’un monde que nous trouvons injuste, frapper les murs… au final, les crachats s’envoleront au vent et nos phalanges se briseront sur le béton. Notre intime souffrance restera, rivée à notre corps, à notre âme. Nous n’aurons pas regardé dans le miroir.
Nous pouvons cajoler, maudire, insulter le voisin, le patron, le prof, nos propres parents, nos compagnes ou compagnons, jusqu’à nos propres enfants, dieu même, nous serons confrontés à la même douleur, la même rage, la même souffrance, que nous pouvons pathétiquement tenter de masquer.
Elle est en nous, elle nous appartient. Elle est notre intime propriété, parfois même notre raison d’être.
Si elle est moindre, c’est de la frustration, le sentiment, parfois que nous sommes seuls contre tous, de ne pas avoir ce que nous méritons que "l’extérieur" ne nous offre, à titre d’égare, qu’indifférence ou incompréhension.
Nous pouvons opter, à notre tour pour l’indifférence. Nous pouvons chercher l’oubli dans une course effrénée au mieux, dans le sens du toujours plus, pour nous-mêmes mieux nous berner. Pratiquer la fuite en avant, pour la fuite, sans jamais vouloir regarder la vérité en face.
Masquer notre ennui profond, nos peurs, celles d’avoir moins ou même plus, celles du regard des autres, celles de notre propre regard. Celle plus radicale et viscérale de notre propre fin.
Poursuivre une quête à jamais insatisfaite, celle du bonheur d’un instant donné que l’on voudrait une éternité. Celle d’échapper aux peines et aux souffrances, tant morales que physiques, à la déchéance de notre propre être.
Nous consulterons, le prêtre, le psy, le thérapeute, le gourou, le ou la prostituée, le dealer... Ou bien peut-être, nous contenterons-nous de chercher les
dérivatifs dans des activités plus saines, le sport, l’art, peu importe... Nous n’aurons qu’un instant échappé à la cage. Et demain, tout sera à refaire. Nous recommencerons le même rituel de
l’oubli. Pour certain jusqu’à l’annihilation de l’être. Physiquement.
Il n’y aura qu’une satisfaction immédiate et éphémère à chercher le bonheur dans l’ailleurs.
Tous, nous aspirons à échapper à la souffrance. Tous, nous aspirons à trouver le bonheur. Tous, nous connaissons la cupidité, nous connaissons la haine. Tous, nous connaissons l’illusion. Cupidité, haine, illusion que nous subissons. Que nous faisons subir aussi parfois ! Que ce soit en réponse, ou que ce soit parce que c’est ce que nous avons appris. Après tout, n’est-ce pas comme cela que tourne le monde depuis la nuit des temps ?
Comment aimer l’autre, si nous ne nous aimons pas nous-mêmes ? Si nous ne pouvons nous empêcher de poser sur notre personne le regard impitoyable du compétiteur, qui hurle la revanche à prendre, nous assommant de reproche au sujet de ce qu’il faut être, ne pas être. Influencé par le terreau du monde qui nous a vus naître. Influencé par des siècles où règnent en maîtres incontestables et incontestés l’illusion de la fixité, l’illusion de la dualité, celle du bien et du mal, du chaud et du froid, du rouge et du bleu, de l’homme et de la femme, de la vie de la mort… L’œil de Caïn, c’est le nôtre. Il est destructeur.
Nous avons le choix d’accepter l’état de fait. Si c’est votre cas, retournez dans la matrice, il faut de tout pour faire un monde. S’il vous vient à l’idée que cela peut changer… 13, 99 $, c’est pas la mer à boire. Et c’est un début qui en vaut un autre. Ah, j’oubliais… c’est en anglais. Mais, on n’a rien sans rien.
Avec Against The Stream, croyez-moi, du jour au lendemain, les chauves verront leurs cheveux repousser, celles qui le désirent atteindront le poids et la ligne idéale, seront enfin sexy et définitivement désirables !
Tout le monde vous trouvera cool et intéressant !
Les maris deviendront aussi fidèles que leurs femmes, performants au lit, comme leurs femmes, et vice versa !
Votre patron vous augmentera, vous réussirez vos exam, du brevet des collèges jusqu’aux doctorats en tout genre (sans en ramer une) !
Vous gagnerez à tous coups à la loterie !
Tous vos maux s’évanouiront en un temps record, moraux, comme physiques !
Votre vie ne sera plus désormais qu’une gigantesque partie de plaisir. Vous aurez tout, saurez tout. Vous détiendrez la clef du mystère de la réussite dans cette vie, tout le monde vous enviera !
Achetez-le, lisez-le, les portes du bonheur éternel s’ouvriront enfin à vous !
N’est-ce pas merveilleux ?
Pas de chance, J’aurais adoré vous dire que c’est exactement cela, et qu’en plus, ça marche… Dans le même temps, est-ce que je m’enquiquinerai à en parler, je serais déjà en train de siroter des cocktails hors de prix en me la coulant douce sur une île paradisiaque... Tout en me tapant de mon prochain, comme de ma première paire de Doc. Si c’était mon kif, cela étant dit.
Non, ce n’est pas ce que vous trouverez dans ce livre. Pas plus qu’un énième manuel de bien-être.
Levine l’affirme d’entrée de jeu, le chemin de l’éveil est long. Souvent difficile. La révolution intérieure comme extérieure ne se déclenche pas en un claquement de doigts. Cela demande à désapprendre, agir parfois de manière contre-instinctive. La nature compassionnelle de Bouddha, sa sagesse, nous sont accessibles. Il l’a voulu ainsi. Mais il n’y a rien de tout cuit, cela demande un travail sur le long terme, progressif. Un enthousiasme et une persévérance à toute épreuve.
Cependant, nous avons à notre disposition tout ce qu’il faut. Au niveau de l’équipement de base, nous sommes tous dotés d’un cerveau, qui sauf maladies, ou lésions, fonctionne de la même manière que celui de n’importe lequel de nos semblables. Nous avons l’outil de base nécessaire. Techniquement, nous sommes tous équipés pour entreprendre le voyage.
Il n’y a qu’un préalable. La volonté de faire soi-même le travail, de suivre un chemin qui passera au-delà des plus sombres recoins de notre âme et de notre cœur. La volonté de passer nos résistances et nos peurs. La volonté d’aller jusqu’à la libération, notre libération.
Pour celles et ceux qui ont cette volonté, la capacité d’y arriver est acquise.
Levine nous rappelle un point capital dans la foulée. Bouddha n’est pas un dieu ou une divinité qu’il faut adorer, ou prier. Loin de là ! C’est un rebelle, un visionnaire, un destructeur de l’ignorance, un grand physicien qui a découvert le chemin qui mène de la souffrance à la libération. Ce sont les mots de Levine. Je ne fais que souscrire.
Bouddha nous laisse en héritage une vérité que nous devons expérimenter par nous-mêmes :
"Nous ne devrions pas croire aux traditions parce qu'elles ont été transmises depuis l'antiquité, ni croire sur la simple autorité de nos maîtres ou instructeurs...
Mais, nous pouvons mettre en pratique un écrit, une doctrine ou une affirmation lorsque la juste compréhension que nous en avons et notre expérience intime les confirment. "
"Soyez à vous-même votre propre flambeau, votre propre refuge, votre propre maître... "
Ça, ce n’est pas que Levine qui le dit, c’est aussi Bouddha qui l’affirme.
Expérimenter par nous-mêmes est le maître mot de l’héritage de Bouddha. Il ne s’agit pas d’une philosophie basée sur la foi. Tout comme il n’est pas question de devenir un "bon bouddhiste ", un sachant de la chose bouddhique. Il s’agit de devenir un humain capable de sagesse et de compassion. Un humain susceptible de s’élever au-delà de la complaisance et de l’ignorance.
C’est enseignement de Bouddha, Levine le cherche dans les enseignements originaux de Bouddha, les plus anciens connus. Il le puise dans la vie même de Bouddha, son histoire, en la débarrassant des ajouts mythologiques, en cherchant à connaître celle de l’homme Siddhârta Gautama.
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