Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 01:25

 

Donc, la suite... (Voir PARTIE 1)


Où il sera question de désintoxication, de méditation versus prière chrétienne, et d’avancée dans le Dharma.

 

 

Bouddha pin


Jusque-là, Noah ne s’était que vaguement investi dans  le "vrai programme en 12 étapes ",  qui consistait en un mélange de psychologie, de spiritualité chrétienne, d’introspections et de repentance… Quand les autres addicts  priaient autour de lui, lui disait, à titre de prières personnelles quelque chose dans cet esprit :  « Oh Seigneur libérez moi de ceux-là, et je promets de ne plus jamais recommencer ! ». En fait, pendant la période du programme, lui méditait là où d'autres priaient. Il l’avoue lui-même, ce qui le dérangeait dans le programme, ce qu’il trouvait difficile à accepter, c’était encore et toujours de faire appel à un "pouvoir supérieur ", à quelque chose d’extérieur. Je ne vous fais pas un dessin, nous sommes aux États-Unis, et le Bon Dieu est servi à peu près à toutes les sauces. Cela dit, je ne pense pas que ce soit un antichrétien basique convaincu. Dans "Dharma Punx " en parlant du Dharma, dans son sens de "Vérité ", il site son père : « il y du vrai dans toutes les traditions spirituelles ou religions. » et Noah d’ajouter : « Personne n’a l’exclusivité de la vérité ». C’est valable pour l’enseignement de Bouddha.


Réellement, après sa dernière arrestation, il s’appliqua à suivre au mieux les principes du programme, tout en les combinant avec des périodes de retraite consacrées à la méditation bouddhiste. Comme pour beaucoup d’addicts, dès que les vrais effets du  sevrage se font sentir, la lumière se fait sur les actes passés, les bonnes excuses volent en éclats, et on se retrouve face à soi-même, et à ses agissements débiles.  Sans doute à ce moment-là comprit-il que, jusque-là, il n’avait songé qu’à sa petite personne, son nombril. Non seulement il s’était bien abimé, mais en plus, il avait bien pourri la vie des autres. Ça va de paire, bien souvent. En clair que la rébellion ne rime pas avec auto-destruction (ah, tiens si, ça rime…), et que par contre, automatiquement, l’auto-destruction passe par la destruction des autres.


C’est sur cette période qu’il se mit aussi à étudier les textes des traditions spirituelles de "l’est "  (en opposition à l’ouest, occident/Amérique), de l’orient comme de l’Asie.  Peut-être par curiosité, mais sans doute était-ce naturel. De facto, il avait une culture bouddhiste de par son entourage familial, même s’il l’avait rejeté.


S’il passa pas mal de temps à chiner dans les "supermarchés spirituelo-bouddhisto-new-age Américains, ou du côté de l’hindouiste et du soufisme, en pratiquant même sur une courte période auprès d’un vague mouvement au culte un peu confus et bien corrompu, au  final ce fut avec les enseignements les plus anciens du Bouddha, d’avant l’émergence du Mahayana, qu’il finit par se trouver le plus d’affinité.


En avançant dans sa pratique, au fur et à mesure qu’il percutait l’ampleur des dégâts causés par ses bons soins, il commença à faire face à ses responsabilités. En se prenant en main, il se trouva un bon job à l’hôpital de Santa Cruz (ce n’est pas innocent, nous en parlerons plus tard), et commença à dépenser son salaire d’une façon un peu curieuse. Il commença à rembourser les préjudices qu’il avait causés jusque-là. Aussi bien les dégâts matériels, que moraux, dans un certain sens, puisqu’il essaya aussi de rembourser aussi les trucs ou l’argent qu’il avait piqué…

C’est aussi à ce moment-là que ses potes punks ou biker commencèrent à le prendre pour un cinglé. Déjà, il ne buvait plus, bon, mais ça, c’était OK, il l’aimait bien quand même. Mais quand il leur parlait de méditation…


Depuis, cela va beaucoup mieux. Il est sans doute toujours aussi cinglé, mais des potes, il en a aidé pas mal à s’en sortir, avec ses trucs bouddhiques.


Dans les dix ans qui suivirent sa dernière arrestation, non seulement il a raconté son histoire à des centaines de gamins en galère, mais aussi étudié et pratiqué les enseignements de Bouddha, auprès, entre autres de Kornfield (un sacré bonhomme, plutôt de bonne renommée , dans l’enseignement du theravada, aux États-Unis), de Mary Orr... Il voyagea aussi, en Asie du Sud-est, ou sur les lieux traditionnels de pèlerinage en Inde. C'est toujours bien d'aller jeter un oeil sur place.


Au bout de ces dix ans, lui-même commença à enseigner dans le centre d’incarcération pour mineurs.  Là où lui-même avait été enfermé, quand il avait commencé à suivre sa voie. Dans le même temps, il passa l’équivalent de notre bac, et obtint par la suite un master  en psychologie appliquée (counseling psychologie).


En 2000, Jack Kornfield l’invita, avec d’autres enseignants du Dharma, à suivre une formation sur cinq ans. C’est là que Levine apprit à transmettre de manière plus efficace dans les mots et dans la forme, sa propre expérience spirituelle. Et peut-être à mieux exploiter sa propre expérience de punk délinquant, en faire quelque chose d’utile, dans la transmission du Dharma.


En 2003, était publié "Dharma Punx, a memory" qui raconte dans le détail son cheminement, alors que dans le même temps, il multipliait ses interventions dans les prisons, auprès des adultes, comme des jeunes incarcérés, et auprès de ceux de la gen X, ceux de sa génération, ayant connu ou non les mêmes histoires, en essayant de rendre accessible à tous ceux qui le désirent l’enseignement de Bouddha.


En 2007 parait "Against the Stream, a buddhist manual for spiritual revolutionaries.


À suivre…


Avec un gigantesque merci pour cette partie à Sean Elder !

Par Niko - Publié dans : AGAINST THE STREAM - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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